Tag Archives: exhibition review

Canticle of Death: Tagreed Darghouth’s skulls at Agial

Darghouth has come a long way since her slightly awkward, albeit conceptually powerful, period where she exposed the Lebanese’s obsession with plastic surgery. (Later, she denounced another Lebanese obsession: mistreating foreign domestic workers.) This time, her topic of choice, the eeriest one to date, is weapons of mass destruction.

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Tamara Al Samerraei ou l’invitation au voyage…

Tamara Al Samerraei, Fleeting Fences

22 septembre – 15 octobre, Galerie Agial

Dès notre entrée dans l’espace de l’exposition, nous sommes happées loin de l’enfer des embouteillages de Hamra par le monde de Tamara Al Samerraei, enlevés par l’oiseau tout comme cette petite fille en culotte rouge dans la vitrine, emmenés on ne sait trop où, immergés dans une ambiance  enigmatique. 

Des surfaces blanches qui s’emboîtent : des toiles coupées, décollées, puis fixées sur d’autres, tirées sur châssis, enfin accrochées sur des murs blancs.

Il est difficile de ne pas ressentir l’omniprésence de “SomethingWhite” (2008) dans “Fleeting Fences”. Ce sont les mêmes blancs qui nous invitent à nous plonger dans l’univers ambigu de l’artiste pour achever l’œuvre. Des monstres, des chiens, des avions, des pistes d’atterrissage, des aplats de couleur noire, reviennent de manière récurrente. Sont-ce les angoisses de Samerrai ou les nôtres ? Ses rêves ou ses cauchemars ? Des résurgences de son enfance, ou de toute enfance telle qu’elle la conçoit ?

La petite fille devient, tour à tour, femme téméraire, guerrière, séductrice voire perverse. Elle est retournée vers son enfance cette fois-ci confinée à des souvenirs lointains et incertains, à un paysage sensible et cérébral à la fois. Dans ce paysage d’avant et d’ailleurs s’immiscent les traces de la réalité sous la forme de photos de famille imprimées, réimprimées, collées, décollées déchirées ou complétées…. Une incursion qui devient invasion, s’acharne sur la petite fille – annihilée, elle devient de plus en plus petite, volatile, presque transparente, tout juste une trace, un signe d’invitation à l’introsprection.

Ranine Homsy et Maya Hage.


Dial 911 for the new Middle East: a promenade

Protagonists: Ranine, Marie

Occasion: The Feel Collective, Dial 911 for the new Middle East, The Running Horse Contemporary art Space

Date and time: Thursday 15 September, 3 PM (Exhibition is on til 24 September)

Too bad we missed the opening on 9/11. Or, let us rephrase it, too bad we missed the performances by Paed Conca , Stéphane Rives and Fadi Tabbal from ‘under the carpet’, and then the Incompetents…

We came to the Running Horse the following Thursday, exhausted by three hours of driving around looking for cupcakes (by the way, we still don’t know where the best in town can be found. Marie still claims she can beat any bakery, but I’m skeptical…. Anyway, back on track)

Us being Ranine and Marie, we had to start our visit by the end. With the office at the back of the room. To all our museum studies professors: YES WE BROKE SOCIETY’S ARBITRARY RULES AND THE DICTATORSHIP OF EXHIBITION SPACES AS PROCESSIONAL TEMPLES! Now shoot us or applaud, whatever you prefer.

Out of the gallery’s offices, we stumble upon the design corner. Kind of like when you visit a museum and you can leave with a  mug printed with a famous painting, except edgier and 100 percent local production. There are t-shirts, scarves, ipad cases in a variety of colours, all decorated with patterns derived from the exhibition’s artwork, such as airplanes or Kalashinkov AK-47 guns  (we guess this was it). We say thumbs up to the nicely designed, locally-made, clever products, to art as fashion and art as design as fashion. The prices? More art-collector-friendly…

We promise we’re starting with the proper exhibition review. Only, the wrong way around and back again. Sorry.

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Collection Automne / Hiver 2011- 2012 : Tendance Zèbre

Je suis tombée un soir, en zappant devant ma télé, sur une vidéo de la chanteuse R&B Rihana – Rude Boy. Voici quelques images de la vidéo :



Etant donné que notre cerveau humain est doté d’une capacité de stockage de souvenirs et d’images très avancée, ce clip de Rihana m’a rappelé ce que j’avais vu il y a une dizaine de jours à peine lors du vernissage de l’exposition de Shereen Audi, à la galerie Pièce Unique – intitulée Unbound (en effet, le titre n’a rien à voir.)
Comme le nom de la galerie l’indique, j’ai eu droit à une exposition de « pièces uniques » et d’une artiste « unique » en son genre
Pour vous expliquer plus en détail :

Shereen Audi

Exhibition Unbound

SHereen Audi

Photos prises lors du soir d’ouverture.

L’artiste est jordanienne et n’a peut-être pas de PR libanais, mais que fait celui de Solidere ?
Une dizaine de personnes déambulaient dans la salle, photographe, cameramen, serveurs et artiste inclus.
Une petite quinzaine de toiles blanches presque identiques étaient accrochées de part et d’autre les murs, tel un accrochage/happening « improvisé »…
Les toiles blanches représentaient des dessins de corps féminins nus aux couleurs excentriques (fuchsia, mauve, jaune fluo..), avec des rayures de zèbres sur le corps.
Unbound : freed from bonds and restraints?… oui mais… où est le rapport ? J’ai l’impression qu’en Jordanie, on appelle encore malheureusement « artiste » toute femme voulant dénoncer les tabous sexuels par de simples traces de pinceaux… Des toiles qui ne disent rien, qui ne montrent rien, et en plus de tout ca, une technicité médiocre. C’est là que je décide de donner une deuxième chance à l’artiste, d’aller lui poser quelques questions pour mieux comprendre l’exposition.
Ah oui… la voila… heureusement… pas habillé en tenue zébrée.

Sarah: Hi my name is Sarah, I am an art critic, can I know more about your work and about the curator of this exhibition?
Shereen Audi: Curator? What does curator mean, I didn’t understand?
Sarah: Organizer
Shereen Audi: If you want to do an exhibition you have to talk to Solidere.

Bref… en fait j’avais eu des réponses à toutes mes questions, mais j’ai décidé quand même de donner une troisième chance au show ( jamais deux sans trois ) et d’aller parler à une personne que tout le monde prenait en photo, croyant que c’est la “curator” de l’exposition.

Sarah: Hi. Are you the curator of this exhibition?
Woman: curator? What does it mean?
Sarah: (essoufflée): ORGANIZER
Woman: We are Solidere, the artist comes to us and we plan an exhibition for his work. Who are you? Are you from a magazine?
Sarah: No… And who decided how the paintings will be put on the wall?
Woman: Me, the artist, some people working in Solidere… We help each other you know…

J’ai préféré laisser tomber ce dialogue stichomytique qui ne servait a rien… J’ai bu un verre de vin qu’un serveur m’a tendu … ce qu’il me fallait pour digérer tout ça.
Vous voulez connaitre les prix de ces ho…toiles? C’est celui de la prétention.
J’ai préféré retourner à ma télé et l’appréciation du high art de Rihanna.

Sarah


Zaha Hadid à l’Institut du Monde Arabe

Marie Nour Héchaimé

Paris, Août 2011

En bonne libanaise à Paris, je me devais d’aller faire un tour à l’Institut du Monde arabe, où se tient l’exposition Zaha Hadid, Une Architecture. Cette dernière y présente une rétrospective de son œuvre à travers une sélection internationale de certains projets tels que la tour Spirale de l’Université de Barcelone, le projet Guggenheim à Singapour ou encore le Centre des Arts Vivants d’Abou Dhabi. L’exposition se déroule dans une structure créée par Hadid elle-même en 2007 pour Chanel et qui a été offert à l’IMA au début de l’année 2011. Ce pavillon mobile intitulé Mobile Art, conçu initialement pour être transporté de ville en ville et inspiré par le langage visuel de Chanel, a la forme d’un escargot ou d’un vaisseau spatial, ou encore d’un « donut » selon les dires de l’architecte. Il doit abriter dans le futur des expositions temporaires autour de la création arabe contemporaine.

Zaha Hadid est sans doute l’architecte arabe la plus renommée. Née en 1950, d’origine irakienne, elle a fait des études de mathématiques à l’université américaine de Beyrouth avant de poursuivre des études d’architecture à la prestigieuse Architectural Association School of Architecture de Londres, ville où elle continue  de vivre. En 2004, elle obtient le prix Pritzker, considéré comme le Nobel de l’architecture.

Bien que je sois profane en matière d’architecture, je m’attendais à découvrir une exposition surprenante retraçant le parcours de Hadid de façon didactique, où la complexité de la création architecturale serait démasquée et sa simplicité serait révélée.

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